Ce mercredi 20 juin, TF1 lance sa saga d'été, Mystère. Ce thriller fantastique évoque les phénomènes inquiétants (de nombreuses disparitions) se développant autour du personnage de Laure de Lestrade dont la mère a disparu dans des circonstances étranges 17 ans plus tôt. Laure est incarnée par Toinette Laquière que nous avons pu rencontrer lors du festival de télévision de Monte-Carlo ce mois-ci.
SeriesLive : Dans Mystère, vous incarnez une jeune mathématicienne qui revient sur la terre de son enfance, dans la maison familiale, c'est une manière de quitter un passé douloureux ?
Toinette Laquière : Oui c'est ça. Elle veut tourner la page une bonne fois pour toute, écrire un nouveau chapitre. Puis les évènements de la journée vont définitivement la replonger dans son passé et elle va décider pour une fois de comprendre vraiment ce qui s'est passé et elle découvre des signes dans un cahier. Un cahier où elle avait dessiné (plus jeune) exactement le même dessin que celui du crop circle découvert dans la journée. Donc elle décide de comparer et là elle rencontre un personnage qui a l'air fou et lui dit : "Toi aussi ils vont t'enlever, comme les autres, va-t-en !". Là s'en suit toute une série d'évènements, elle décide de rouvrir l'enquête sur la disparition de ses proches.
Vous menez l'enquête dans un monde où le secret fait loi ?
Voilà c'est bien dit. Elle va être seule contre tous très rapidement.
Vous êtes confrontés à une série de trahison. Et pour mener l'enquête, vous vous fiez surtout à votre instinct.
Oui c'est ça. Ce qui est intéressant dans ce rôle, c'est cette jeune femme qui est arrivée à 25 ans avec une tête bien faite et finalement sa tête ne lui sert à rien. C'est son coeur et ses tripes qui vont l'aider, elle se dit tout le temps : "Je les sens, je ne sais pas pourquoi mais je le sens". Donc finalement la vérité qu'elle pensait être dans la connaissance, les études, tout cela ne lui sert à rien. C'est seulement son instinct, son intuition, l'inconnu, l'invisible...
Vous sentez-vous proches de votre personnage ?
Oui quand même. J'aimerais bien avoir son courage et sa détermination. Quoique quand même, j'arrive aux bouts de ce tournage donc je ne dois pas être dénuée de courage.
Au cours de ce tournage, vous avez eu l'impression de découvrir des forces de votre personnalité ?Oui c'est vrai.
Vous l'avez vécu comme un coureur de fond ?
Oui c'est l'expression que j'avais utilisé. C'est la solitude du coureur de fond. On est tout seul. Tous ensemble mais tout seul. Il faut tenir et de temps en temps quelqu'un vous apporte un verre d'eau sur le bord de la route ; et de temps en temps on vous arrose, mais il faut tenir tout seul et ça il n'y a que vous, c'est un vrai truc de sportif.
Le tournage a été assez difficile et long...
Sept mois et demi, donc très long. Moi en plus j'étais omniprésente, donc j'ai eu 10 jours de repos en 7 mois et demi. Pas un jour pour se reposer, apprendre les textes tous les soirs, coucher à minuit, lever à 5h tous les matins. En hiver, avec le mistral, j'étais en robe. C'était très dur.
Parce que finalement dans cette série, toute l'action tourne autour de votre personnage...
Oui c'est vrai. Les auteurs ont resserré cette fois-ci l'intrigue autour d'un personnage, d'un regard, j'évolue dans un monde à la fois étrange dans une famille de barjos, d'une grande barjitude (clin d'oeil à Ségolène Royal) et moi je suis là et je vois ça. J'ai l'air de ne pas être touchée mais en fait je vais tous les affronter en douceur, avec la force tranquille (clin d'oeil à François Mitterrand), je ne sais pas ce que j'ai (rires).
Jouer une héroïne de saga c'est une chance mais est-ce aussi une énorme pression ?
Oui c'est une très grosse pression. Du jour où j'ai eu le scénario dans les mains, jusqu'à maintenant, jusqu'au soir de la première diffusion, il y a une grosse pression.
Comment avez vous été choisi pour ce rôle ?
En fait, j'ai appris hier soir en dînant avec le programmateur de TF1 qu'il avait pensé à moi au premier rush de Zodiaque. Il était venu sur le tournage de Zodiaque et j'étais en train de tourner avec Claire (Keim) et il avait dit autour de lui : "Toutes les deux, elles sont pas mal, et la petite là, elle est pas mal non plus". Il a pensé à moi pour le rôle, il a un peu hésité parce qu'il pensait que j'étais trop petite, trop mince, trop fragile, puis il est revenu vers moi. Je l'ai rencontré et je lui ai dit : "Ce rôle c'est moi. Il n'y a que moi qui puisse le faire", parce qu'il me ressemblait trop.
Etes-vous prêtes pour une saison 2 ?
Pas tout de suite. Pourquoi pas, mais pas tout de suite. Avec un petit break d'une année...
Le tournage s'est passé en Provence, n'est ce pas ?
Oui à Aix, Saint-Rémy, un peu sur la côte d'Azur. On a été dans de très beaux endroits, dans les Alpines, aux Baux de Provence, qui sont des endroits très chargés, qui collent bien à l'histoire parque qu'il y a quelque chose de mystique dans ces endroits. Il y a une sorte de grand cirque naturel dans lequel on a tourné 2 semaines. On a été dans de beaux endroits.
Y a-t-il eu des phénomènes de crop circles dans cette région ?
Pas à ma connaissance. Non.
Quelle a été votre première impression à la lecture du scénario ?
J'ai trouvé ça génial. J'ai adoré.
Mystère est une série plutôt fantastique. Est-ce un style que vous aimez ?
Oui, j'y crois. J'ai une bibliothèque ésotérique, j'ai comme livre de chevet "Dialogues avec les anges". Donc c'est ma came à la base.
Quelle est la différence entre Mystère et les sagas précédentes ?
On rentre dans un genre très large. Zodiaque entrait dans un genre : le thriller. Là on rentre dans un nouveau genre, c'est-à-dire qu'on on a les bases de la saga, les bases romanesques (les rapports familiaux, les conflits familiaux, l'amour,...) le thriller aussi (car je mène l'enquête), il y a l'étrange et le fantastique avec tous les personnages autour de moi. Donc il y a vraiment tous les genres.
Vous avez travaillé avec Patrick Bauchau (Le Caméléon). Comment s'est passé la collaboration ?
Il a quelque chose d'étrange, il nous a vite plongés dans un genre, c'est vrai. Il a l'habitude de ce format en plus. Je ne peux pas donner plus de détails mais c'est vrai qu'il avait quelque chose de spécial par rapport aux acteurs français. Il ne travaille pas comme nous, il aborde la caméra et le texte différemment.
La saga se termine un peu comme un conte, une fable...
Oui, la série est pour moi comme un conte philosophique, un message d'espoir ou de désespoir, tout dépend des croyances et la sensibilité de chacun.
Après cette expérience, croyez-vous ou peut-être vous croyiez déjà aux extraterrestres ?
Non je ne peux pas dire. Tout l'intérêt est là. Laure, mon personnage rassemble tous les bords. Laure est rationnelle et cartésienne, mais elle a des jours où elle y croit. Je ne peux rien dévoiler.
Que peux apporter le format 52 minutes à la saga Mystère ?
Je pense que les téléspectateurs maintenant ont tellement vu des séries notamment américaines, ils se sont habitués au format, à un climax très fort très rapide. En 90 minutes, il y a seulement un climax à la fin, en 52 minutes, il y en a deux avec 2 épisodes donc plus de suspens.
Pour conclure, une question que nous avons posée à toutes les personnalités interviewées, qu'est-ce qu'une bonne série ?
Une âme, des personnages forts, une idée forte comme par exemple 24 qui suit une journée. Soit on part d'une idée scénaristique, soit d'un concept, et je pense que Mystère est une très bonne idée, les auteurs ont été inspirés. Mais je ne peux pas vous dire pourquoi...